25 juin 2008
Je pars...
Je pars bientôt en montage du documentaire sur Rodolphe Raffalli, avec un petit passage à l'île d'Oléron avant. et après.. J'ai quelques pépites pour le blog mais pas le temps de les poster correctement, ça attendra donc que je me sortres la tête du sac d'ici une dizaine de jours je pense...
En attendant voici une de mes chansons préférées, tout à fait dans la thématique...
Bien à vous,
FLJ
20 février 2007
Mais qui est donc Félix Le Jaune?
Félix Le Jaune, de son vrai nom Félix Levert, est né le 13 Août 1877 à Meudon, d’un père ecclésiastique et d’une mère de petite vertue.
Après une enfance sans histoire au pensionnat catholique St Philibert de l’Isle Adam, il se fait engager comme deuxième clerc à l’Epicerie « Le Godillot Musqué », Boulevard des arméniens, à Mâcon. C’est là qu’il rencontre Henriette Cachin qui restera le grand amour de sa vie.
Devant le refus d’Adalbert Cachin, le père d’Henriette, de lui accorder la main de sa fille, il tente de convaincre la jeune femme de le suivre en Cochinchine, en vain. Le cœur brisé, il embarque sur un gabelou qui le conduira jusqu’à Namur, où il s’engagera dans l’infanterie coloniale Belge.
En 1900, après plusieurs années de participation active aux massacres d’autochtones diligentés par Léopold 1er au Congo, Félix, soudainement devenu humaniste après l’ingestion de champignons frelatés, décide de rentrer en France pour y témoigner de ce qu’il a vu et dénoncer l’horreur de la politique expansionniste belge, ainsi que de la colonisation en général.
Après plusieurs pamphlets publiés à compte d’auteur dans lesquels il inverse finement le racisme de l’époque (Yabon 1er à Knoock le Zoute : L’histoire d’un africain qui devient roi des belges, Un petit blanc pour la route et autres contes anthropophages : parodie des livres d’aventures coloniaux pour enfant), il est remarqué par Marc Elbichon, le directeur du journal « L’indépendant radical », qui lui propose le poste d’éditorialiste.
Tandis que les brûlots au vitriol de Félix LeJaune répandent ses idées d’extrême centre, enflammant chaque jour un peu plus l’opinion publique, sa notoriété enfle dans les milieux ouvriers, menaçant l’hégémonie de Jean Jaurès jusque dans les mines de charbon.
Hasard ou coïncidence, alors qu’il se rend à Beuzon, il est victime d’une tentative d’assassinat de la part d’un militant de l’action française, Jean-Marie Le Peigne. Gravement blessé à l’épaule d’un coup de dent (une dent de Le Peigne), il n’arrive plus physiquement à écrire et sombre dans une profonde dépression. Il s’adonne alors sans retenue à l’opium, sans pour autant oublier son mal être, mais mettant gravement son intégrité physique en jeu.
Sur les conseils de son pathologiste, Félix part en cure à Nœud les Mines où il retrouve par hasard Henriette Cachin, devenue meneuse de revue dans une pharmacie.
Leurs retrouvailles sont distantes, mais ravivent chez Félix une passion dévorante. Il arrivera à reconquérir la belle en allant lui offrir son oreille qu’il vient de se couper ainsi qu’un bouquet de tournesols.
A partir de ce jour, Henriette et Félix ne se quitteront plus. Le couple prend un meublé à Brie-Comte-Robert et Félix entreprend de dicter à Henriette son premier roman feuilleton, paru entre Juillet 1904 et Janvier 1905 dans « Le coq patriote » avec le succès que l’on connaît : « Les amants de la rue Tabaga ».
C’est un succès colossal, le premier d’une longue carrière qui verra la publication de plus de 100 romans dans des genres aussi variés que le drame rural (Mauricette et le blé tendre 1906) drame citadin (Huguette et la grande ville, 1908), drame maritime (Josette et les grosses vagues, 1909), drame montagnard (Lisette et les hautes cîmes 1910), drame médiévaux (Radegondette et le donjon, 1911), drame antique (Sophoclette et le Parthénon 1912), 77 pièces de théâtre, surtout du boulevard : Un homme tout nu dans mon placard, 1906, l’amant de ma femme est le frère de ma maîtresse 1908…
Toujours de bon goût, et proposant des intrigues sans cesse renouvelées, l’œuvre de Félix LeJaune touche un large public et bientôt, sa célébrité égale celle de Trauptman, ou la Veuve Caillaux. Le président Emile Loubet le fait chevalier des arts et lettres en 1913, puis commandeur de la légion d’honneur en 1914.
Atteint de Flemme Chronique depuis 1912, il devra mettre un terme à sa carrière littéraire pour aller dilapider ses dividendes avec Henriette au casino de Berk Plage. C’est la qu’il décédera, dans la douceur moelleuse de la salle de Baccara. Ses dernier mots seront pour sa femme « Mais magne donc toi le fion de me trouver un toubib, salope ».
Tout au long de sa fulgurante carrière, il aura inspiré les plus grands (Ainsi la fameuse phrase de Marcelin, l’ouvrier qui fabrique des angelots en plâtre pour les théâtres dans le roman « Marie Milouza », qui dit à sa compagne : « Entre ici, j’en moule un » a été intégralement reprise par André Malraux dans son célèbre discours du Panthéon)
Son style inégalable et sa verve acide et acerbe ont engendré de nombreux émules, parmi lesquels Gaston Leroux, Maurice Leblanc et Danny Le Rouge sont les plus connus.








